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Méthodologie de ciblage des pauvres dans le cadre du programme FODESA

Contexte

Le FODESA, Programme d’appui participatif œuvre contre la pauvreté rurale dans la zone sahélienne du Mali. Il intervient essentiellement à l’aide de deux fonds : une subvention d’appui à la réalisation des infrastructures sociocommunautaires de base et des projets productifs indispensables à l’accroissement des revenus des populations et un deuxième fonds destinés à la promotion des services financiers devant faciliter l’accès des ruraux au crédit.

Le Programme a pour bénéficiaires les populations pauvres des régions sahéliennes du pays. Celles-ci habitent la bande territoriale comprise entre le 13ème et le 16ème parallèle. Les activités principales menées par ces populations sont, l’agriculture vivrière notamment la culture des céréales sous pluies et l’élevage de petits ruminants et de bovins (pour les plus fortunés).

Depuis la grande sécheresse de 1984, la pluviométrie est fréquemment déficitaire dans cette partie du pays, considérée comme une zone à risque alimentaire et financier. Elle est à ce titre, suivie depuis cette date par le Système d’Alerte Précoce (SAP) [1] qui, en fonction de l’évolution de la situation, formule des recommandations destinées à prévenir ou à éviter qu’elle ne soit touchée par la famine ou autres problèmes graves affectant l’existence des populations. Malgré la fréquence des déficits pluviométriques, les conditions de vie des populations de la zone sont différentes d’une circonscription à l’autre et d’un village à un autre à l’intérieur de la même circonscription. Cette disparité des situations n’étant pas un facteur facilitant la sélection des cibles du Programme, il a fallu recourir à une stratégie complexe combinant plusieurs critères. La pauvreté et la vulnérabilité ne se limitent pas seulement à une simple notion de sécurité alimentaire, mais également au manque de prestations élémentaires dans les domaines de la santé, l’éducation de base, l’accès à l’eau et les critères définis ont intégré ces notions.

Pour ces différentes raisons, le ciblage devra se faire à partir d’outils complexes qui prennent en compte les multiples dimensions de la pauvreté. L’outil développé devra faire de sorte que les Programmes et Projets participatifs identifient les vrais pauvres parmi les pauvres et prennent en charge leurs préoccupations qui ne sont pas forcément communes à tous les pauvres. La méthode de ciblage utilisée devra être connue par les acteurs et partenaires du Programme.

Méthodologie de ciblage des pauvres

Mise au point à l’aide d’études réalisées sur la vulnérabilité/pauvreté par les services de la DNSI (Direction Nationale Statistique et Informatique), elle repose sur des critères de dépendance géographique aux circonscriptions de la zone d’intervention du Programme et sur des critères de vulnérabilité/pauvreté des villages à l’intérieur de cette zone. La sélection obéit aux critères suivants :

  • villages démunis, ne disposant pas de sources de revenus stables ;
  • villages dépourvus d’infrastructures socio-économiques de base fonctionnelles ;
  • villages enclavés ou présentant des conditions de milieu très défavorables (ressources naturelles dégradées, production agricole déficitaire).

Une combinaison de ces différents critères en leur affectant des notes en fonction de l’importance qu’on leur accorde permet, d’aboutir à un indice dit de vulnérabilité pour chacun des villages à sélectionner. Cet indice peut varier de 0 à 10 selon que le village à sélectionner est plus ou moins vulnérable.

Méthode de détermination de l’indice des villages

Le principe sous-tendant la méthode proposée repose comme indiqué ci-dessus, sur une notation accordée aux villages selon l’existence au sein du village ou à proximité immédiate moins de cinq km sans obstacle majeur tel qu’un fleuve, permanent, un marigot infranchissable de manière saisonnière ou permanente, des infrastructures de base dans les domaines d’intérêt suivant :

  • Santé (Is) CSCOM [2] et dispensaire dans le village (2 points par infrastructure), à moins de 5 km (1 point), au-delà (0 point) ;
  • Nutrition (In) PMI [3] et maternité (notamment identique au domaine précédent),
  • Education (Ie) école 1& 2 (primaire et fondamental), centre d’alphabétisation et medersa [4], pondération de 2 points par infrastructures existantes, 1 point pour les écoles fondamentales 1&2 à moins de cinq km ;
  • Accès à l’eau potable (Ip) borne-fontaine, forage et puits moderne en raison d’un point d’eau pour 500 habitants (norme nationale) ou un point d’eau par 500 habitants et par hameau distant du village mère, pondération négative si le nombre d’équipement ne correspond pas aux besoins d’un point d’eau par 500 habitants et par hameau.
  • Accessibilité (Ir) route nationale ou piste à praticabilité permanente ou à proximité immédiate du village (2 points), à moins de cinq km (1 point),
  • Alimentation (Ia) données SAP (Système d’Alerte Précoce) sur recommandation d’octroi de vivres les dix dernières années, jamais (2 points), de 1 à 2 reprises (1,5 points), au moins à trois reprises (0 point).

De manière à marquer l’intensité des domaines « alimentaires » et « accès à l’eau potable » Dans le calcul de l’indice de vulnérabilité, la pondération négative est introduite pour l’accès à l’eau et le facteur alimentaire n’est pas additionné aux autres, mais retenu comme coefficient multiplicateur.

Indice de vulnérabilité villageois Is = somme (Is + In + Ie + Ip + Ir) x Ia

Pour cet indice, les villages les moins vulnérables obtiennent une notation élevée. En revanche, un indice faible est assimilé à une forte vulnérabilité.

Il faut souligner que le revenu n’a pas été retenu lors du calcul de l’indice de vulnérabilité pour diverses raisons, dont la difficulté d’obtention des données de base mais surtout que l’aire d’intervention du FODESA suppose dès le départ que les villages des zones où opèrent les opérations de développement sont exclus avant le calcul de cet indice. Ces interventions ayant pour objet d’intervenir sur les spéculations agricoles génératrices de revenus, on peut considérer que la sélection par rapport à ce domaine est déjà effectuée avant la détermination de l’indice de vulnérabilité.

Si cette méthode permet de sélectionner les villages pauvres et vulnérables, elle ne va pas au-delà de cette cible, pour différencier les individus à l’intérieur des villages, à cause des risques d’effritement de la cohésion sociale que cela pourrait entraîner. Pour toucher certaines couches habituellement plus vulnérables dans les villages, notamment les femmes et les jeunes, d’autres opportunités ont été offertes aux villages, il s’agit de la possibilité donnée aux villages sélectionnés d’exprimer trois demandes d’appui éligibles au financement du Programme, à condition que deux soient formulées par les groupements de femmes ou de jeunes et quelles portent sur des projets productifs.

29 septembre 2006

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