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Quelle stratégie de promotion entrepreneuriale en milieu rural ?

L’accélération du processus de décentralisation au travers de la communalisation intégrale du Burkina Faso et des premières élections locales en avril 2006 change de facto les modes de gestion de nos collectivités locales.

Désormais, les pouvoirs locaux devront prendre en compte tous les acteurs socio-économiques s’ils veulent mobiliser toutes les forces sociales au service du développement local. Parmi ces acteurs restés longtemps à la marge des politiques locales, il y a les micro-entreprises surtout celles évoluant en milieu rural.

L’expérience du PAMER qui accompagne les promoteurs à la création et au développement de leur micro-entreprise révèle que les populations locales ont d’énormes potentialités de créativité et mêmes des capacités réelles à s’insérer dans des systèmes plus ou moins formels de conseil et de financement de l’entreprise. Les micro-entreprises demeurent un potentiel de création de revenus et d’emplois. Elles peuvent être à la source de la constitution d’un secteur privé rural local.

A titre illustratif en 2005, 147 MER nouvelles ont été créées dont 27 au Centre Est et 120 à l’Ouest avec l’appui du PAMER. Plus de 400 micro-entreprises ont bénéficié de divers appuis techniques et renforcé leurs

capacités techniques et managériales au travers des formations et recyclages. Dans la région Ouest : 99 MER formées ou recyclées sur des thèmes techniques professionnels, 144 MER formées en gestion, organisation et entreprenariat, 37 MER ont participé aux foires commerciales de ZONTA Club à Bobo-Dioulasso (18), de Paris (1), de Bama (4), au FESPACO (14). Dans la région Centre Est : 67 MER formées ou recyclées, 101 MER ont bénéficié d’appui conseil, 53 participations de 29 MER à deux foires départementales (28), au FESPACO (10), à la foire provinciale de Pouytenga (15).

En matière de financement, 53 promoteurs ont créé et renforcée leur micro-entreprise dans la région Centre Est en bénéficiant d’un volume de crédits de 37 045 000 FCFA auprès des caisses populaires de l’URCP/CE. Dans la région Ouest du Burkina Faso, le PAMER a accompagné 68 promoteurs de micro-entreprises pour l’accès de 32 015 000 FCFA.

Il faut souligner que l’émergence ou la consolidation/renforcement des micro-entreprises appuyées par le PAMER repose d’abord sur le dynamisme et la motivation des promoteurs et promotrices. Soutenu techniquement par des Conseillers en entreprise dans tout le processus de création et de renforcement de leur micro-entreprise, ces promoteurs arrivent à produire et à vendre des biens et services locaux sur divers marchés de village, urbain et même international (pour des produits comme la poterie, le beurre de karité). Ces micro-entreprises crééent des emplois directs et indirects qui restent un apport précieux pour les économies locales. 261 emplois directs créés par les 147 MER nouvellement créées dans les deux régions citées précédemment. 487 MER renforcées ont consolidé 601 emplois directs et généré 195 emplois indirects. Le chiffre d’affaires moyen mensuel est de 72 360 FCFA , le revenu moyen mensuel est estimé à 23 910 FCFA.

Mais les emplois directs demeurent essentiellement une affaire de famille, les employés étant des fils ou filles du patron ou de la patronne ; ou leurs neveux ou nièces et les rémunérations ne sont pas formalisées et systématiques. Les indicateurs socio-économiques présentés sont appréciables mais restent tout de mêmes faibles. Le nombre d’emplois créés par micro-entreprise est en moyenne de 1,60.

On note une faible relation entre les micro-entreprises d’une part et, les collectivités locales, les services techniques étatiques, les associations et ONG de développement d’autre part ; ce qui limite la contribution des promoteurs dans la constitution des ressources financières locales surtout fiscales. Ainsi, l’absence d’une stratégie plus ou moins structurée et élaborée par différents partenaires surtout des autorités locales en matière de promotion et de soutien à la micro-entreprise, limite leur contribution au développement local.

Il serait intéressant, avec les opportunités qu’offre la mise en place des communes rurales, d’enclencher un processus d’élaboration de plans locaux de développement en prenant en compte l’ensemble des acteurs et surtout des micro-entreprises. Dans nos contextes locaux actuels où l’agriculture et l’élevage demeurent jusque-là traditionnels et faiblement tournés vers les marchés, de mettre l’accent sur les activités entrepreneuriales de transformations agroalimentaires, de l’artisanat, des prestations de services qui ont un grand potentiel de création d’emplois et de revenus monétaires.

Les nouveaux élus des collectivités locales sont donc invités à faire des promoteurs et promotrices de micro-entreprises des partenaires privilégiés pour enclencher la dynamique de développement de leur commune rurale.

27 avril 2006

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