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Le dialogue politique : le chaînon manquant dans les programmes d’appui à la micro- entreprise

L’expérience du PAMER montre que les micro-entreprises rurales (MER) sont un instrument important de réduction de la pauvreté des populations les plus démunies. Mais le secteur reste confronté à d’énormes contraintes institutionnelles, réglementaires et infrastructurelles qui limitent leur viabilité et leur impact. Une concertation au travers d’un dialogue politique sur ces contraintes peut enclencher un processus à même de renforcer à terme les programmes d’appui à la micro-entreprise en l’insérant dans une dynamique de développement intégré participatif

Les expériences africaines dans le domaine de la promotion du secteur privé rural à travers la création et/ou le renforcement d’entreprises viables ont connu des résultats assez modestes du fait des orientations méthodologiques articulées essentiellement autour des activités de renforcement des capacités et de financement. Malgré les efforts consentis par les cadres et les ressources mobilisées, il reste que les micro-entreprises rurales et les porteurs d’initiatives économiques sont confrontés à des difficultés qui ne peuvent pas être traitées par les programmes d’appui au secteur dont les missions sont généralement la mise à disposition de l’information commerciale et technique, la formation et les voyages d’échange, le conseil, les activités de promotion commerciale et à travers des Institutions de Microfinance, le financement. Les difficultés recensées lors de la mission de revue à mi-parcours du Projet d’appui aux micro-entreprises rurales (PAMER) au Burkina Faso et qui ne peuvent pas être traitées par des projets/programmes de type PAMER sont de plusieurs ordres et cette expérience a démontré qu’il existe :

1- Le besoin d’un meilleur environnement règlementaire et d’une approche intégrée pour le développement des micro-entreprises en milieu rural : beaucoup de villages des zones couvertes par le PAMER sont totalement isolés et dépourvus d’infrastructures minimales. La mauvaise qualité des voies d’accès, le manque d’eau, d’électricité et de téléphone, l’éloignement des marchés... sont des contraintes réelles au développement d’un secteur privé rural et plus spécifiquement pour certaines filières telles que la transformation des produits agricoles, l’élevage, etc. Tant que le gouvernement ou les collectivités décentralisées n’auraient pas défini des politiques claires apportant des mesures d’encouragement spécifique à l’intention des micro-entreprises et le développement industriel, l’impact de l’appui apporté aux entreprises rurales dans le cadre d’un projet comme le PAMER ne peut qu’être limité. La promotion de l’entreprenariat rural nécessite une approche intégrée qui mobilise d’autres partenaires dont le secteur public pour une amélioration de l’infrastructure en milieu rural. L’assistance technique et le développement des capacités ne peuvent pas à eux seuls développer des entreprises dans la perspective de réduire la pauvreté. Le succès des MER dépend également d’autres services d’appuis, notamment publics, l’assurance qualité, les textes et réglementations, etc. qui vont au-delà des attributions d’un projet comme le PAMER ou le PROMER au Sénégal.

2- Le besoin de développer un programme de formation pour des jeunes en milieu rural. L’expérience du PAMER a également montré que le milieu rural pourrait offrir plus d’opportunités non agricoles par la formation de jeunes pour les inciter à s’établir en milieu rural. Dans ce contexte, des formations techniques et en entreprenariat devraient être insérées dans l’enseignement primaire et secondaire avec des options de spécialisations et considérées comme partie intégrante du système éducatif national. Cette préoccupation est largement au dessus des actions à conduire par un projet et mérite donc d’être traitée par d’autres types d’acteurs notamment les gouvernements des pays africains. Le programme GERME en collaboration avec l’ONUDI a développé un nouveau programme de formation en entreprenariat dénommé CLE (comprendre l’entreprise) destiné principalement aux enseignants du secondaire en vue de les capaciter à promouvoir l’esprit d’entreprise dans l’éducation. Cette approche novatrice et les résultats attendus peuvent servir d’outil pour engager un dialogue au plan national pour sa large diffusion

3- Le besoin de donner une place centrale au secteur privé rural non agricole dans les politiques nationales de lutte contre la pauvreté. L’expérience du PAMER confirme la possibilité de créer des entreprises rurales dynamiques relevant du secteur privé non agricole et apportant de la plus-value à la production locale, ce qui participe de façon durable à la réduction de la pauvreté. Il est donc important qu’un dialogue soit engagé au niveau des autorités nationales, régionales et locales pour d’une part encourager les micro-entreprises privées par des mesures incitatives et d’autre part, donner une priorité à la problématique de la micro-entreprise rurale dans les documents de stratégie comme les Cadres/ Documents Stratégiques de Lutte contre la Pauvreté et les Lettres de Politique de Développement Rural Décentralisé.

4- Le besoin d’établir un dialogue avec d’autres partenaires engagés dans les activités de développement rural et de réduction de la pauvreté comme la Banque Mondiale, le PNUD, l’USAID, la CE, la BAD, les ONG etc. Ceci permettra aux entreprises d’accéder à d’autres Services de Développement que les programmes d’appui aux entreprises ne peuvent pas offrir. Dans cette optique, la concertation des bailleurs de fonds en appui au secteur privé au Burkina, qui du reste est une initiative louable, nécessite plus de dynamisme et d’élargissement de son champ d’action au-delà de la PME/PMI pour chercher à pendre en compte la problématique de la micro-entreprise rurale.

5- Le besoin d’une réforme des politiques et des institutions en vue de les rendre plus favorables au monde rural dans l’objectif d’un développement plus soutenu du secteur rural non agricole comme stratégie d’accompagnement d’un processus naissant de diversification économique. Cela suppose d’abord la réforme des processus dans le sens de la mise en place des mécanismes qui permettent de saisir et d’intégrer les opinions des ruraux dans la réforme des politiques et des institutions. Rendre ces politiques et les institutions favorables aux ruraux (qui est aujourd’hui une demande sociale réelle) est le défi majeur à relever par les gouvernements, les bailleurs de fonds et le secteur privé pour une participation plus accrue de ce secteur non agricole au financement des collectivités locales. Il existe aujourd’hui un intérêt certain à investir dans le secteur de la micro-entreprise du fait de sa participation effective à la création de revenus et d’emplois d’une part et d’autre part, de par sa contribution aux recettes locales. A titre d’exemple et selon l’étude ECOLOG 2005 de Tenkodogo (chef-lieu de la province du BOULGOU au Centre-est du Burkina) plus de 70% des recettes locales proviennent du secteur informel composé essentiellement de micro-entreprises.

Le dialogue politique apparaît au vu des éléments ci-dessus, comme une composante importante pour accompagner les projets de type PAMER et interpelle les autorités au plus haut niveau. Les actions visées devront permettre d’améliorer les conditions-cadres (vu sous l’angle de l’infrastructure rurale, la réglementation, la fiscalité, la participation ....) pour une meilleure exécution des programmes d’appui à la micro-entreprise ou à la PME/PMI rurale. C’est en cela qu’il est important, pour les décideurs africains, d’être à l’écoute de ces préoccupations et de leur apporter des réponses adéquates en vue de créer plus de « valeurs ajoutées » pour les lignes de crédit mises à leur disposition par les bailleurs de fonds.

26 avril 2006

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