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La maitrise d’ouvrage communautaire dans le cadre d’un projet de développement décentralisé

Les leçons tirées de cette expérience montrent la possibilité de transférer la réalisation des projets communautaires aux populations dans le respect des politiques sectorielles, des principes de transparence et du rôle du secteur privé.

L’approche de développement décentralisé participatif (CDD) développée dans le cadre des projets de lutte contre la pauvreté vise à encourager un transfert de pouvoir vers les communautés. Or, l’exécution des projets communautaires est souvent gérée par les équipes de Projets sans tenir compte des communautés ; ce qui limite la responsabilisation des populations et la durabilité du processus

L’expérience développée au Sénégal, dans le cadre de l’exécution du Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR) repose plutôt sur le principe de maîtrise d’ouvrage par l’organe exécutif élu de la Collectivité Locale (le Conseil rural) et l’utilisation du circuit habituel de financement du Trésor public. La contractualisation des relations entre les acteurs et l’élaboration d’instruments de planification et de mise en œuvre des projets communautaires respectant les politiques sectorielles de l’Etat et la nécessité de responsabilisation des acteurs locaux ont servi de base à la mise en œuvre des projets au niveau de la zone d’intervention.

Les résultats obtenus au terme du Projet sont très positifs avec près de 1000 projets réalisés sous la responsabilité des populations pour une valeur de plus de 21 milliards de F CFA . L’impact net mesuré par des universitaires montre une amélioration du niveau d’accès aux services sociaux de base, du pouvoir d’achat des ménages (de 25%), de la santé des enfants de moins de trois ans et des recettes fiscales. Le niveau de satisfaction des populations atteint 93% en 2004. Le président de CR en tant qu’ordonnateur des dépenses, travaille sur la base des plans d’investissement élaborés par les populations de manière participative. La maîtrise d’ouvrage déléguée des projets est une réalité pour les bénéficiaires à travers la commission de passation des marchés et les comités de suivi. La qualité des investissements est aussi garantie à travers l’intervention compétitive de prestataires privés et l’assistance technique des services de l’Etat chargés de veiller au respect des politiques sectorielles.

Les leçons tirées de cette expérience montrent la possibilité de transférer la réalisation des projets communautaires aux populations dans le respect des politiques sectorielles, des principes de transparence et du rôle du secteur privé. La formalisation des relations entre acteurs et la satisfaction des besoins en renforcement des capacités des acteurs est néanmoins un préalable.

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