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PICOFA - Composante 2 - Appui et financement de l’élaboration des microprogrammes

A - Objectifs de la composante

Par la mise en œuvre de cette composante, les communautés de base et les villages devraient disposer des capacités nécessaires pour :

a)* l’identification et la réalisation de microprogrammes d’aménagement et de mise en valeur ;

b)* la maîtrise d’ouvrage des MPAV avec l’assistance des conseillers ;

c)* la gestion des fonds issus du FIPAD pour financer les MPAV ;

d)* l’identification et l’application des référentiels techniques et organisationnels adaptés et efficients issus de la recherche-action.

B - Résultats attendus/Extrants et activités de la composante

La composante 2 est subdivisée en deux sous composantes ci-après :

Sous-composante 2-1 : Appui à la mise en œuvre des microprogrammes d’aménagement et de mise en valeur (MPAV)

Cette approche microprogramme, intégrée au niveau d’un petit bassin versant ou d’une unité de terroir homogène, doit permettre :

* de prendre en compte les besoins exprimés par chaque communauté de base impliquée ;

* de donner une réponse technique et organisationnelle adaptée à ses besoins, se rapprochant du « sur mesure » ;

* d’accroître les chances d’appropriation par les bénéficiaires et donc la durabilité des investissements et actions réalisées ;

Elle permet, dans le domaine de spécialisation du Programme, de proposer un dispositif et des mécanismes analogues à ceux utilisés par les projets de développement local existants (PNGT notamment), et donc de favoriser les convergences fonctionnelles entre bailleurs et projets, encouragées par la Politique Nationale de Développement Décentralisé. Dans la pratique, chaque MPAV sera différent, conçu « sur mesure » et comprendra la combinaison, appropriée aux conditions locales, de plusieurs types d’investissements fonciers et d’actions d’intensification, de nature principalement collective, concernant l’agriculture et l’élevage. Ces différents types d’investissement sont décrits ci-après.

Investissements communautaires types

Pour schématiser l’ensemble des possibilités, six investissements collectifs types ont été pris en compte, pour chacun desquels un référentiel technico-économique a été élaboré, ainsi qu’une fiche de coûts unitaires par investissement, distinguant les différentes catégories de dépenses. Des hypothèses concernant le nombre de réalisations de ces différents types d’investissement et leur étalement dans le temps ont été faites, à des fins de budgétisation. Ces investissements et actions types sont les suivants :

•* Type A : Aménagement de micro-zones de culture pluviale (bassins versants). Ces aménagements porteront sur la mise en défens, la CES, l’agro-foresterie. Les réalisations concrètes possibles seront les suivantes : cordons pierreux, zaïs améliorés, digues filtrantes, pépinières, régénération naturelle assistée (RNA), seuils anti-ravines. Les surfaces aménagées grâce au projet ont été estimées à environ 12 000 hectares.

•* Type B : Intensification et Intégration de l’agriculture et de l’élevage. Ces actions porteront sur la restauration de la fertilité (apports organiques, amendements phosphatés, itinéraires culturaux améliorés), l’intensification agricole, la gestion de l’espace utilisé par le gros bétail, l’amélioration de l’alimentation animale et les techniques d’élevage. Les réalisations concrètes possibles sont notamment, l’emploi de semences améliorées, les fosses fumières et compostières, la fertilisation organique et minérale combinée, les couloirs de passage, le développement des fourrages cultivés et la récolte du foin, les techniques de stabulation.

•* Type C : Jardins maraîchers : l’investissement type consiste en 1 hectare de maraîchage de contre-saison disposant de quatre puits équipés de pompes à pédale, au bénéfice de 50 femmes et/ou jeunes. Environ 300 hectares pourraient être réalisées en 7 ans.

•* Type D : Petite irrigation en bordure de retenue d’eau : l’investissement type consiste en un périmètre de culture de contre-saison d’une dizaine d’hectares, équipé de pompes (à pédale et/ou moto-pompe) exploité par une centaine de personnes (dont une part importante de femmes et de jeunes) cultivant des céréales (maïs), des légumineuses (niébé) et pratiquant le maraîchage. Environ 1 000 hectares pourraient être réalisés en 7 ans.

•* Type E : Bas-fonds aménagés : l’investissement type porte sur un bas-fonds d’une dizaine d’hectares cultivées en riz de saison pluvial et partiellement, en contre-saison. L’aménagement consiste généralement en la réalisation d’une mini-digue de protection contre les ruissellements violents et les diguettes en courbe de niveau permettant de retenir une partie des eaux de pluie. Environ 800 hectares aménagés pourraient être réalisés en 7 ans.

•* Type F : Les investissements complémentaires : les investissements portent sur les infrastructures socio-économiques, nécessaires à la réalisation des MPAV, et qui n’auront pu être réalisés sur financement des PDL existants (PNGT et autre). Les réalisations possibles sont des points d’eau (notamment pour la boisson, l’abreuvement des animaux et l’arrosage des fosses fumières), des pistes d’accès locales aux zones aménagées et aux villages, et éventuellement des écoles ou des centres de santé desservant les populations concernées par les MPAV.

Appui à la maîtrise d’ouvrage

L’appui à chaque MPAV sera apporté sur le terrain, principalement par le Conseiller permanent. Ce dernier coordonnera, pour le compte de la communauté impliquée, l’ensemble des interventions des prestataires spécialisés (études techniques, formations spécifiques, fournitures, contrôle des travaux) intervenant sur ledit MPAV. Les interventions de ces prestataires seront subventionnées à 100% par le Programme, sauf celles faisant partie intégrante d’un investissement, qui seraient subventionnées partiellement, dans le cadre du FIPAD. Le séquençage des activités sera le suivant :

•* organisation interne des instances responsables de la maîtrise d’ouvrage et de la gestion des investissements envisagés au sein de la communauté de base ;

•* étude de faisabilité des investissements et actions élémentaires de CES/AGF et intensification ; programmer en détail leurs réalisations ; •* programmation et couverture des besoins en eau de boisson, l’élevage et la fertilisation organique (en relation avec les PDLs : PNGT et autre) ;

•* identification du contenu et application des modalités de l’accès des groupes cibles aux bénéfices des investissements réalisés ;

•* organisation de la gestion des fonds par les communautés maîtres d’ouvrage et le versement de la contribution préalable des bénéficiaires ;

•* soumission et défense des demandes de subventions auprès du FIPAD ;

•* passation et gestion des contrats avec les entreprises et prestataires pour la réalisation des travaux, fournitures et services ;

•* contrôle et réception des travaux et services ;

•* dévolution formelle aux bénéficiaires ;

•* suivi-conseil pour la mise en valeur et l’intensification.

Fonds ’Investissement pour la Productivité Agricole Durable (FIPAD) Le FIPAD, abondé par le Programme, financera sous forme de subvention (dons) une partie du coût des investissements composant les MPAV, de nature essentiellement collective, appuyés par le Programme. Le taux de subvention variera en fonction de la nature des investissements considérés, selon un code de financement qui devra converger pour chaque province avec celui des PDLs existants (PNGT, PFA et autres). Le solde sera apporté à titre de contribution des bénéficiaires en nature ou/et par apport financier. Les décisions d’octroi de fonds seront conditionnées à la mise en place, au sein de la communauté bénéficiaire et dans le cadre des rapports sociaux existants, de mécanismes garantissant l’équité dans l’accès au foncier et aux bénéfices du projet, en faveur des femmes et des jeunes. Ces mécanismes feront l’objet d’un accord écrit inclus dans le contrat de partenariat avec le Programme.

Sous-composante 2 : La Recherche-action en milieu réel

L’objet de ce volet sera de mettre au point, en milieu réel et au cours de la mise en œuvre des MPAV, les référentiels techniques et organisationnels adaptés et efficients, en tirant parti des savoir-faire et des dynamiques paysannes. L’approche consistera à accompagner sur le terrain une sélection raisonnée des villages et des MPAV appuyés par le Programme, en y testant et en mettant au point avec les Communautés/agriculteurs volontaires, les techniques et les investissements novateurs qui seront ensuite diffusés à plus grande échelle. Bien entendu, les innovations et savoir-faire acquis aux niveaux national, régional et international seront également mobilisés et adaptés aux conditions locales.

Les différents types d’action à envisager sont notamment :

a)* la capitalisation et l’analyse critique des référentiels disponibles ;

b)* la cartographie détaillée des sols pour une fertilisation organique et minérale raisonnée ;

c)* les modalités techniques et organisationnelles pratique de mise en œuvre des référentiels à la base, en matière d’aménagements et d’intensification ;

d)* les analyses socio-économiques de ces référentiels ;

e)* des activités de recherche spécialisée sur les points critiques identifiés lors du travail d’accompagnement de terrain ;

f)* le conseil technique à la planification et l’exécution des MPAV, dans le cadre de l’appui à la maîtrise d’ouvrage.

Le Programme passera un contrat de partenariat avec un opérateur de recherche-développement/action international spécialisé, installé dans la sous région, disposant de références acquises en milieu paysan, en matière de CES/DES, de restauration de fertilité des sols et d’intensification des systèmes de production traditionnels. Dans le cadre de ce partenariat, pourront en outre intervenir des instituts spécialisés dans des domaines importants pour le Programme, comme l’agroforesterie. Enfin, des personnes ressources appartenant aux institutions nationales de recherche (INERA et autre) pourraient être mobilisées en fonction de leurs compétences propres. L’équipe de recherche/action sera basée dans la zone du Programme et travaillera dans les villages, en étroite collaboration avec le Programme, et notamment les conseillers de terrain des opérateurs provinciaux. Ces activités de recherche/action seront subventionnées à 100% par le Programme.

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