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Accompagnement du processus de planification du développement des racines et tubercules dans l’antenne PNDRT de Bertoua

Du 14 au 19 novembre 2006, une équipe de la composante appui au renforcement des capacités et appui à l’organisation paysanne a mené une mission de suivi/évaluation du processus de planification du développement des R&T par le prestataire retenu pour l’antenne de Bertoua. Son objectif était de s’assurer de l’effectivité des équipes sur le terrain et de l’observation des du guide validé à l’atelier d’harmonisation des procédures.

L’élaboration des Plans de Développement Villageois des Racines et Tubercules est une activité très importante dans l’atteinte des objectifs du PNDRT.

Conformément à l’accord de prêt et aux aides mémoires des deux premières missions de supervision de l’UNOPS, cette activité qui n’était pas budgétisée dans le COSTAB du document de pré évaluation du PNDRT a été confiée à des prestataires d’antenne. Cinq prestataires disposant des capacités requises pour la réalisation des plans de développement des R&T, notamment la maîtrise de l’approche Genre et des approches participatives ont été recrutés. Ces derniers avaient pour tâche le recrutement des conseillers de proximités (14) et des animateurs villageois (14) pour que ceux-ci accompagnent les communautés dans l’élaboration des plans de développement villageois des R&T (PDVRT) dans leurs villages.

Un atelier d’harmonisation des méthodologies et des approches en élaboration des plans de développement villageois a été organisé à l’ intention des cinq prestataires d’antenne et des conseillers de proximité. Au cours de cet atelier il était question de valider le guide d’élaboration des plans de développement villageois des R&T élaboré par une autre structure « INADES FORMATION ». A la fin de l’atelier d’harmonisation, un plan d’action a été élaboré en collaboration avec les cinq prestataires retenus.

Pour l’antenne de Bertoua, le prestataire retenu était l’ONG CPDD (Cercle des Promoteurs de Développement Durable). Ici, si l’on s’en tient aux termes de référence, on peut affirmer que les objectifs de la mission ont été largement atteints ; car elle a permis d’analyser les activités en cours et de corriger ce qui n’était pas conforme. Cinq bassins sur sept ont été visités. Des discussions ont également été menées avec le personnel du CPDD pour leur auto-évaluation et sur les difficultés qu’il rencontre dans la réalisation de sa mission.

Le présent rapport s’articule autour des points suivants :

  • Déroulement de la mission,
  • Résultats obtenus,
  • Observations,
  • Recommandations.

I - Déroulement de la mission

Au cours de cette mission, les tâches suivantes ont été réalisées :

  • une séance de travail avec les responsables de l’antenne PNDRT de BERTOUA en vue d’appropriation des TDR et de la programmation opérationnelle de la mission ;
  • des séances de travail avec les responsables du CPDD au niveau de leur antenne et de chaque bassin,
  • deux séances de travail avec le Délégué provincial du MINADER EST (information à l’arrivée et restitution au terme de la mission),
  • des descentes sur le terrain dans 10 villages regroupés dans cinq bassins de production des R&T et notamment DIANG (2 villages), Bertoua (1 village) ABONG-MBANG (3 villages), MESSAMENA- MBAMA (2 villages) TIMANGOLO (2 villages). Faute de temps les autres bassins pour temps n’ont pu être visités.
  • l’analyse des documents produits et utilisés par le prestataire CPDD,
  • une séance de restitution avec le prestataire CPDD en présence du DPADER Est.

II - Résultats 0btenus

Les indicateurs de suivi suivants ont été examinés :

1- Présence des équipes dans les villages

Lors du passage de la mission, deux équipes étaient sur le terrain, notamment, celles des bassins d’Abong Mbang et Nkoteng. A ce moment, le CPDD avait déjà conduit le processus dans 21 villages de l’antenne, soit 3 villages par bassin. De même une lettre venait d’être adressée par le CPDD au Coordonnateur National pour annoncer les difficultés de trésorerie et la suspension des travaux sur le terrain.

Toutes les équipes ont séjourné dans les unités de planification pendant la durée de la planification (quatre jours). Si l’on s’en tient aux déclarations des communautés visitées, dans les premiers villages, les équipes sont arrivées six jours avant le démarrage effectif tandis que par la suite, elles arrivaient le dimanche soir, à la veille du démarrage.

Des manquements ont été observés dans certains villages : les équipes de planificateurs se retrouvaient souvent à trois au lieu de quatre et avaient fait le travail toujours en trois jours et demi comme prévu dans leur mode opératoire, (cas des villages de DJOUYAYA et ANGOSSAS). Dans le même bassin d’Abong-Mbang, certains planificateurs ne supportent pas dormir au village et rentrent en ville après le travail.

Dans le bassin de MESSAMENA MBAMA, un des deux conseillers n’avait pas suivi l’atelier d’EBOLOWA. C’est une équipe de quatre personnes dans laquelle, la seule personne qui était à l’atelier d’EBOLOWA avait à peine participé à la phase pratique de ce dernier. Cet état de chose se ressent dans les résultats observés. Sauf dans le bassin de Messamena-Mbama, les équipes rencontrées étaient constituées effectivement des conseillers formés à Ebolowa et des animateurs formés à Abong-Mbang.

2- Respect du guide d’élaboration des PDVRT du PNDRT

Aucune équipe sur le terrain n’utilise le guide d’élaboration des PDVRT du PNDRT harmonisé et validé à EBOLOWA. Le prestataire a eu à élaborer son guide qui n’a pas été mis à la disposition du PNDRT mais qui est suivi par les planificateurs. Ceci pose donc le problème de suivi même si les résultats observés sont proches de ceux attendus si le guide du PNDRT était suivi.

3- Respect des principes et des approches méthodologiques

On peut relever avec satisfaction que les principes de l’approche participative sont observés dans toutes les unités de planification visitées. Bien que n’ayant assisté qu’à une seule journée de travail sur le terrain, l’approche genre est également respectée.

4- Mobilisation des communautés

Le premier jour, on a toujours eu le maximum de participation. Mais à la suite dans certains villages, une vingtaine de personnes seulement assuraient le déroulement des travaux.

La sensibilisation est quasiment nulle. Dans tous les villages visités sauf dans le bassin de TIMANGOLO, il n’y a pas eu de sensibilisation mais plutôt de l’information. Et dans certains cas, tous les villages d’une grappe n’avaient pas été touchés, ainsi, ceux là étaient restés indifférents. Il y a eu une grande confusion pendant la phase préparatoire entre l’information et la sensibilisation.

5- Collecte des donnés de base

A l’analyse des documents laissés dans les villages (bassin de MESSAMENA MBAMA) les données sont collectées avec beaucoup de légèreté. Le problème central n’est pas clair. Il y a régulièrement confusion entre les causes pertinentes et les problèmes. La formulation des objectifs et des activités reste un grave problème, ce qui rend très difficile l’identification de micro projets. Il a même été relevé des outils déroulés à moitié (Tableau de solutions) et différemment d’un bassin à un autre. Il n’y a pas eu d’harmonisation dans le processus de collecte des données dans les différents bassins.

6- Compréhension du processus par les communautés

Les communautés apprécient l’approche participative et reconnaissent que c’est la première fois qu’ils travaillent ainsi. Les autres ONG ne font que des enquêtes classiques de très courte durée. Seulement, l’objectif du processus n’est pas clairement défini dans leur esprit. Beaucoup ne se rappelle pas que tout le processus a pour objectif d’élaborer le plan de développement villageois des R&T de leur village.

7- Evaluation de la fonctionnalité des CVC mis en place

Dans les 10 villages visités, 3 ont eu à tenir des réunions dans les CVC mis en place. Deux ont élaboré leur statut alors qu’un village l’a déjà légalisé. Dans 7 villages, les CVC disent ne pas toujours maîtriser leurs rôles, attendent la formation y relative et n’ont jamais tenu de réunion. On peut cependant reconnaitre le rôle d’interface joué efficacement entre ces membres élus lors des ateliers de planification (sensibilisation de la communauté, accueil et encadrement des planificateurs).

8- Auto évaluation du processus par les communautés

Les communautés rencontrées trouvent que le processus est intéressant mais le temps est très court. Ils sont parfois obligés de dérouler à la hâte les outils. Il faut un minimum de 5 jours de planification par village en dehors de la phase de sensibilisation. Les équipes de planificateurs ne sont pas toujours soudées. Certaines communautés ont relevé des incompréhensions entre les membres des équipes. On a pu relever des confusions sur la définition de certains concepts de base (PNDRT, PDVRT) et entre la durée du programme et celle du plan en élaboration.

9- Respect de la durée de la planification

Le temps passé dans les unités de planification est très court. Quand on y adjoint les retards des participants et les difficultés de communication, on réalise que ces plans sont réalisés en deux jours et très rarement en trois jours de travail (bassin de Messamena-Mbama surtout). Ce qui est insuffisant et ne peut pas garantir l’appropriation de l’exercice par les communautés. Il y a eu trop de rigidité dans le respect de leurs quatre jours prévus par village. En effet, toutes les équipes arrivent le dimanche en soirée, commencent le déroulement des outils le lundi, et rentrent impérativement le jeudi. Le temps prescrit dans le guide d’élaboration des PDVRT du PNDRT n’est pas respecté.

10- L’approche du prestataire

Le prestataire CPDD à pris sur lui de donner 30 000 FCFA par village aux communautés comme contribution à l’accueil des planificateurs pendant leur séjour au village. La gestion de cet argent a eu des interprétations diverses dans les communautés et a été à l’origine des disputes entre le chef du village et les responsables des CVC, le président du CVC et ses membres, les responsables du CVC et les membres de la communauté. La gestion de cet argent a même parfois plutôt démobilisé certaines communautés.

III - Analyse des observations

Au vu de tout ce qui précède, on peut avouer que le prestataire CPDD a beaucoup de volonté pour réaliser sa mission. Les équipes respectent le plan d’action élaboré à EBOLOWA, les équipes séjournent généralement dans les villages, les principes de l’approche participative et de l’aspect genre sont respectés dans le déroulement des outils et les équipes de planificateurs s’intègrent bien dans les communautés.

Cependant on déplore un certain nombre de manquements et notamment la non utilisation du guide d’élaboration des PDVRT élaboré par le PNDRT et validé par les cinq prestataires d’antenne au cours de l’atelier d’EBOLOWA. En effet, aucun planificateur sur le terrain n’utilise ce document, ce qui est à l’origine de beaucoup de manquements dans la mise œuvre du processus de planification à savoir :

  • Le non respect de la durée du processus planification ;
  • Une phase de préparation approximative (la suppression de la phase de préparation dans l’unité de planification, une préparation administrative approximative, pas d’information à la tutelle locale DPADER, préparation pédagogique limitée à la distribution du matériel...) ;
  • Des outils déroulés dans la précipitation et parfois à moitié ;
  • Une phase de sensibilisation quasiment supprimée ;
  • Des confusions dans l’esprit des communautés ;
  • La non maitrise de la formulation des objectifs, activités et résultats ;
  • Des confusions dans la formulation des causes et des problèmes ;
  • Des micros projets pas bien identifiés ;
  • Le manque de suivi des équipes sur le terrain par le CPDD ;
  • Le manque d’harmonisation dans les processus de collecte de données entre les équipes de planificateurs ;
  • Des problèmes en perspective dans les communautés suite à la distribution d’argent, Etc.

Tous ces manquements amènent à s’interroger sur la qualité des plans de développement qui seront livrés au PNDRT. Il pourrait ne pas avoir adéquation entre la réalité du terrain et les documents livrés.

IV - Recommandations

Compte tenu de tout ce qui précède, la mission recommande que l’ensemble des équipes du CPDD arrête ses activités pour une reprise conditionnée par une séance de travail devant aboutir sur :

  • Le renforcement de l’équipe du bassin de Messamena-Mbama (rééquilibrage de l’équipe) ;
  • La mise à disposition du guide d’élaboration des PDVRT du PNDRT à toutes les équipes de planification ;
  • Le renforcement des capacités des équipes sur la formulation des problèmes, des objectifs et des activités pour une meilleure identification des micros projets ;
  • Une clarification des outils à dérouler obligatoirement en groupes socioprofessionnels ;
  • un contenu clair de la préparation donné aux équipes ;
  • l’information des équipes sur : le respect scrupuleux du guide d’élaboration des PDVRT du PNDRT, la durée de la préparation qui devra être d’au moins deux jours et non une seule soirée, la durée de la planification qui devra être d’au moins cinq jours de travail et dans le cas des grappes, la préparation qui devra toucher tous les villages de la grappe ;
  • L’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de suivi des équipes sur le terrain ;
  • Une harmonisation du processus de collecte des données pour toutes les équipes ;
  • La revue de la pertinence des 30 000 F confiés aux communautés comme contribution à l’accueil de l’équipe de planificateurs ;
  • Le processus qui doit être repris dans les villages de Atok, Zoguela et Mbama dans le bassin de Messamena-Mbama.

6 février 2007

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